Se questionner sur les fondements du langage, sur son sens et ses formes... pour les hommes et pour les machines.
Dans le cadre du projet transmédia « La singularité » (www.la-singularite.com).
Variation poétique à partir d’un texte de Jacques Lacan (Le Séminaire - Livre II (1954-1955) - XXII - Où est la parole ? Où est le langage ?).
Texte établi par Jacques-Alain Miller - Éditions du Seuil.
En 1955, le psychanalyste Jacques Lacan questionne les formes et fonctions du langage, entre humains, entre humains et machines, et machines entre machines. Il pose à mon sens, dans une pré-conscience du sujet, les bases d’une psychanalyse de l’intelligence artificielle.
Ce sont des questionnements, pas des réponses. Les questions que cela peut nous faire nous poser font partie, je pense, des pistes de construction de notre liberté future. Car les machines, ayant commencé à raisonner par elles-mêmes selon des logiques cognitives évolutives, et l’avenir de leurs performances se situant là, leur compréhension, donc leur contrôle, va nous devenir de plus en plus difficile. C’est pourquoi il me semble important de travailler, et je le fais via une démarche de création artistique, à les comprendre de l’intérieur. Dans ce sens, les travaux de Jacques Lacan me semblent potentiellement opératoires.
Le kaléidoscope, figure constituée de la réplication en miroir de la même image, propose une vision très « organique » des choses. Comme une métaphore visuelle de la division cellulaire, il ouvre à un champ de perceptions et d’émotions assez peu fréquenté, bien au delà du décoratif qu’il pourrait sembler incarner de prime abord. Cette figure, très rare dans les films, m’a toujours questionné, c’est pourquoi j’en fais depuis longtemps de nombreuses explorations cinématographiques.
C’est une belle surprise de voir des kaléidoscopes animés fleurir sur les écrans depuis quatre ou cinq ans, dans des génériques de films et de séries notamment. Je vous invite à lire le texte manifeste de la pratique du kaléidoscope animé, que j’ai écrit il y a dix ans, en 2014 : « Penser l’image du kaléidoscope animé ».