et pourtant la vie

3 décembre 2023. Publié par Benoît Labourdette.
  2 min
 |  Télécharger en PDF

Il est incompréhensible que la vie continue. Faire le deuil, ou faire œuvre de sépulture ?

Pour le sujet endeuillé, la relation à ce qui ne peut désigner que l’absence de tout rapport, c’est-à-dire la relation à la béance laissée par la disparition, devient l’occasion d’une rencontre hallucinée avec ce qui ne sera jamais su, l’occasion d’une production d’images et de visions de ce qui ne sera jamais vu.

Marie-José Mondzain (introduction du livre « L’énigme du deuil » de Laurie Laufer, Puf, Paris, 2006).

Ainsi, lors d’un deuil impossible, l’endeuillé sert pour ainsi dire de tombe au disparu. L’expérience du deuil côtoie alors l’expérience de l’informe : l’endeuillé prend la « forme » d’un mort, et, par le choc, deviendrait un corps vidé de sa propre mort. Comme si le traumatisme ôtait toute chair au vivant.

L’expérience du deuil traumatique consisterait alors à se centrer sur le mouvement des images pour réanimer la vie psychique. Mais qu’est-ce que remettre en mouvement une vie psychique identifiée à la disparition ? Comment relancer l’énigme de la vie psychique alors que le traumatisme abrase cette énigme en y apportant une réponse mélancolique ? Qu’est-ce que créer un lieu de sépulture qui puisse rendre au vivant son animation psychique ?

Laurie Laufer (« L’énigme du deuil », Puf, Paris, 2006).

Téléchargement
Tous les films de « Kaléidoscopes »

Le kaléidoscope, figure constituée de la réplication en miroir de la même image, propose une vision très « organique » des choses. Comme une métaphore visuelle de la division cellulaire, il ouvre à un champ de perceptions et d’émotions assez peu fréquenté, bien au delà du décoratif qu’il pourrait sembler incarner de prime abord. Cette figure, très rare dans les films, m’a toujours questionné, c’est pourquoi j’en fais depuis longtemps de nombreuses explorations cinématographiques.

C’est une belle surprise de voir des kaléidoscopes animés fleurir sur les écrans depuis quatre ou cinq ans, dans des génériques de films et de séries notamment. Je vous invite à lire le texte manifeste de la pratique du kaléidoscope animé, que j’ai écrit il y a dix ans, en 2014 : « Penser l’image du kaléidoscope animé ».