Infidélité et cocuage

Infidélité et cocuage Dans la série « Polyamour ». Un film de Benoît Labourdette (4’08s, 2019). En 1816, Charles Fourier, dans son texte « Le nouveau monde amoureux », apporte la preuve scientifique que le couple, seule forme d’amour légitimée par la société occidentale, mène forcément à des situations d’égoïsme, de mensonge et de trahison, qui sont à l’exact opposé des valeurs pourtant prônées par l’amour ! Extraits du texte « Le nouveau monde amoureux » (publié en 1967 par Jean-Jacques Pauvert).

Charles Fourier

Charles Fourier (1772 - 1837) était un philosophe français qui a oeuvré à la construction d’un projet concret de quête de l’harmonie universelle. En appui sur une démarche scientifique rigoureuse d’analyse du fonctionnement des passions humaines, il élabore des principes de vie personnelle et collective. On pourrait rapprocher ses théories des mouvements contemporains d’entreprises libérées, d’écologie relationnelle ou de polyamour. Il va jusqu’à concevoir le Phalanstère, « regroupement organique des éléments considérés comme nécessaires à la vie harmonieuse d’une communauté ». Il a beaucoup inspiré, autant les penseurs du socialisme que celles et ceux du féminisme. De nombreuses expériences de « vie innovante » furent construites dans la suite des idées de Fourier ; en France, en Argentine, au Brésil, au Mexique, aux États-Unis... La plus réputée étant le Familistère à Guise (France), construit par Jean-Baptiste André Godin, qui a fonctionné de 1888 à 1968.

Texte intégral

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Dans la série « Polyamour ». Un film de Benoît Labourdette (4’08s, 2019).
12 novembre 2019. Publié par Benoît Labourdette.

En 1816, Charles Fourier, dans son texte « Le nouveau monde amoureux », apporte la preuve scientifique que le couple, seule forme d’amour légitimée par la société occidentale, mène forcément à des situations d’égoïsme, de mensonge et de trahison, qui sont à l’exact opposé des valeurs pourtant prônées par l’amour ! Extraits du texte « Le nouveau monde amoureux » (publié en 1967 par Jean-Jacques Pauvert).

Charles Fourier

Charles Fourier (1772 - 1837) était un philosophe français qui a oeuvré à la construction d’un projet concret de quête de l’harmonie universelle. En appui sur une démarche scientifique rigoureuse d’analyse du fonctionnement des passions humaines, il élabore des principes de vie personnelle et collective. On pourrait rapprocher ses théories des mouvements contemporains d’entreprises libérées, d’écologie relationnelle ou de polyamour. Il va jusqu’à concevoir le Phalanstère, « regroupement organique des éléments considérés comme nécessaires à la vie harmonieuse d’une communauté ». Il a beaucoup inspiré, autant les penseurs du socialisme que celles et ceux du féminisme. De nombreuses expériences de « vie innovante » furent construites dans la suite des idées de Fourier ; en France, en Argentine, au Brésil, au Mexique, aux États-Unis... La plus réputée étant le Familistère à Guise (France), construit par Jean-Baptiste André Godin, qui a fonctionné de 1888 à 1968.

Texte intégral

Extraits utilisés dans le film

Ce qui a induit en erreur tous les philosophes civilisés sur la destinée de l’amour, c’est qu’ils ont toujours spéculé sur des amours limitées au couple ; dès lors ils n’ont pu parvenir qu’à un même résultat, qu’à l’égoïsme, effet inévitable de l’amour borné au couple.

Il s’agit de prouver qu’en amour, comme en d’autres passions, la nature humaine est composée et non pas simple, qu’elle a la propriété de former du même germe le bien ou le genre noble en essor direct, le mal ou genre ignoble en essor inverse.

Cependant cet égoïsme se change bien souvent en partage spontané et bien abject dans une coutume qu’on nomme adultère ou cocuage, coutume des plus répandues et, en vertu de laquelle ce partage, que chacun paraît répugner obstinément, devient pour lui un sujet de triomphe.

Aussi le système composé se réduit-il parmi nous aux 2 genres les plus abjects, savoir : l’amour égoïste ou exclusif et la polygamie furtive, dite cocuage ou adultère.

Une preuve que ces 2 modes d’amour ne sont nullement suffisants pour satisfaire le cœur et l’imagination : c’est que chacun veut les cumuler quoique que leur assemblage soit réputé de toutes voix, criminel et odieux. Chacun penche pour l’infidélité et rien n’est plus rare que la constance chez ceux qui ont les occasions d’y manquer. Ils deviennent tous bigames dès qu’ils se croient assurés du secret et exigent pourtant la constance de leur conjoint à qui ils font mystère de l’infraction commise.

Nous donnons à l’amour le nom de passion toute divine, mais comment se fait-il que la passion qui nous identifie le mieux avec Dieu, qui nous rend en quelque façon participants de son essence, nous pousse au superlatif de l’égoïsme et de l’injustice ?

… nous nous sommes lourdement trompés en prenant pour passion divine le mode actuel ou amour exclusif et illibéral, affection purement humaine, toute pétrie de penchants égoïstes qui sont le cachet du vice et dénotent l’absence de l’esprit de Dieu.

Achevons de constater les disgrâces ou plutôt l’assasinat du pur amour ou branche sentimentale que l’opinion, la politique et la religion s’accordent à proscrire.

Il faut donc déterminer un ordre où, sans aucune contrainte, l’amour se complaise aux mesures de concorde générale de philantropie, de générosité, etc.

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