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Les bases du numérique

Pour s’approprier pleinement le numérique en tant qu’outil pour l’audiovisuel, en tant que langage permettant une expression libre, il faut, à mon sens, l’envisager dans le concret de sa matérialité, afin de ne plus se le représenter comme une abstraction, mais comme une réalité.

Chapitre 1 : Qu’est-ce qu’une image photographique ?

5 juillet 2013

Qu’est-ce qu’une image ?

Pour répondre à cette question, la première question à se demander est : pourquoi on voit ? Comment on voit ? Qu’est-ce qu’on voit ?

Restons simples : au fond de notre oeil, il y a une « surface sensible », qui envoie des informations à notre cerveau, qui reconstitue l’image de ce qu’il y a devant nous.

Comment se fait-il qu’il y a, au fond de notre oeil, une telle « image » du réel qui est devant nous ? Ce ne sont pas les objets qui nous envoient des rayons, comme on l’a cru jadis, c’est la lumière, émise par le soleil (ou par une autre source lumineuse), qui se propage de façon rectiligne, qui frappe les objets, qui à leur tour la réfléchissent (un peu comme un miroir, qui renvoie tous les rayons lumineux). Mais les objets, en fonction de leur matière, ne réagissent pas toujours comme un miroir. En fonction de la formule chimique de l’objet, certaines parties de la lumière sont plus ou moins absorbées et plus ou moins réfléchies : c’est ce qui forme les contrastes et les couleurs.

En effet, la lumière « blanche », qui nous paraît si simple, est en réalité composée de l’addition de toutes les couleurs du « spectre lumineux », c’est à dire toutes les couleurs possibles. Vous ne me croyez pas ? Dessinez sur un disque de papier blanc à peu près toutes les couleurs du spectre lumineux (rouge, jaune, vert, bleu, etc.).

Puis, faites tourner ce disque à grande vitesse : vous voyez... du blanc !

Revenons aux objets : en fonction, donc, de leur composition chimique, ils absorbent une partie du spectre, et ne renvoient que le reste. Par exemple, un objet que l’on voit bleu aura absorbé toutes les couleurs sauf le bleu, qu’il nous renvoie.

Le principe de la photographie

La photographie est différente de la peinture en ce qu’elle est un enregistrement mécanique du réel qui est devant l’appareil.

Avant de pouvoir enregistrer cette image, il faut d’abord la faire exister quelque part : c’est le rôle de la chambre noire, dont le principe est connu depuis Aristote (4e Siècle avant Jésus-Christ), puis qui a été mise en forme et très utilisée par les peintres de la Renaissance (16e Siècle).

On fabrique une boite obscure (peinte en noire à l’intérieur), avec d’un coté un petit trou (5), et en face, une surface de papier calque par exemple (6).

La lumière émise par une source lumineuse (1) se propage de façon rectiligne. Elle frappe l’objet (2), qui renvoie ce qu’il n’a pas absorbé des rayons lumineux, de façon rectiligne aussi (3). Le petit trou (4), permet de ne laisser passer que certains rayons, qui naturellement viennent frapper le papier calque qui se trouve au fond (6). Il est donc tout à fait logique qu’une image, inversée, se forme dans le fond de la chambre noire.

Les peintres ont utilisé la chambre noire comme « modèle » pour comprendre les lois de la perspective. Mais si, à la place du papier calque, on réussissait à « enregistrer », à « fixer » cette image que l’on voit ? C’est tout l’enjeu de l’invention de la photographie.

Au 19e Siècle, Nicéphore Niepce, un inventeur français, après des années de recherches, mettra à la place du papier calque une plaque enduite de bitume de Judée (goudron naturel) préalablement chauffée. Il laisse cette plaque plusieurs jours dans la chambre noire (le sujet photographié devait être fixe !). Ensuite, en plongeant cette plaque dans un bain d’essence de lavande, les parties qui n’avaient pas été exposées à la lumière se dissolvaient. On voyait donc apparaître sur la plaque une photographie en négatif !

Voici la première photo faite par Nicéphore Niepce, qu’il a réussi à fixer de façon permanente, en 1826. C’est une vue de sa fenêtre, dans le village de Saint-Loup-de-Varennes à côté de Chalon sur Saône (plusieurs jours de temps de pose).

Après Nicéphore Niepce, les techniques ont évolué, les temps de pose ont diminué, et il fut bientôt possible d’enregistrer une image sur une surface sensible en une fraction de seconde. Par ailleurs, la plaque a pu devenir une pellicule souple de celluloïd enduite de la surface sensible, d’où le nom de « pellicule » photographique. Le celluloïd a été inventé en 1876, et la pellicule photographique en 1885 par George Eastman aux États Unis.


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