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Arts plastiques

La photographie, de par la nature mécanique de son fonctionnement technique, est pour moi plus une matière de temps qu’une matière visuelle : dans ses sels d’argent, ou ses pixels aujourd’hui, c’est du temps qui est capté, conservé, réinventé à chaque regard. Temps de vie, temps de vision, temps de poésie.

La peinture est la matière originelle du travail plastique, qui se relie intimement à la photographie à mon sens, car elle contient aussi le temps de son geste et de son imaginaire.

Ces deux pratiques dialoguent avec mon travail de cinéaste, s’interpénètrent depuis toujours.

Etoiles

15 juillet 2013

Série de photographies.

Les photographies en pause longue, de nuit avec mouvements d’appareil, produisent des dessins, des univers visuels souvent très esthétiques, du fait de la continuité des traits ainsi formés, qui fabriquent une harmonie visuelle presque « automatique ». On peut juger ce type de photographie « facile », ou formaliste, car pas du tout fondée sur de l’expérience sociale, ni psychologique, ni symbolique...

En fait, ce sont simplement des photographies contemplatives, qui proposent une expérience sensible, à laquelle il faut choisir de s’ouvrir. Ce n’est pas une forme de narration qui se propose, c’est une forme de contemplation de la complexité du monde, de ce que les mouvements, dans le cas présent, de lumières dans le ciel et de l’appareil photographique, peuvent créer de formes évocatrices de tout autre chose que le mimétisme de la réalité telle que perçue sans la photographie.

En ce sens, c’est comme une sorte de subjectivité mécanique, éventuellement dérangeante, car mettant en question « l’auteur » humain, qui n’est plus alors, et ce de façon explicite, qu’une voie de passage entre le mouvement du monde et son expression figée par l’enregistrement mécanique de l’appareil.