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Réalité Virtuelle

Les films qu’on appelle « VR » (Réalité Virtuelle) sont des films, linéaires ou interactifs, tournés avec des caméras 360°, que l’on visionne soit sur écran en se déplaçant dans l’image avec la souris ou le doigt, soit avec un casque placé devant les yeux en tournant la tête. Les films que vous trouverez ici emploient ou détournent cette technologie de production et de diffusion. Car une technologie n’est pas neutre et se doit d’être questionnée.

Médiathèque de Biarritz : atelier de réalisation de films en VR

21 juillet 2018

Stage de réalisation de films en Réalité Virtuelle pour adolescents à la médiathèque de Biarritz. Coproduit par Passeurs d’images - ALCA

La médiathèque de Biarritz, ouverte aux nouvelles technologies sous l’impulsion de Nathalie Bargetzi (responsable du département image), s’est dotée d’un espace de diffusion pour des films en Réalité Virtuelle (tournés en 360° et visionnés dans un casque). Mais la simple diffusion d’œuvres ne suffit à un travail culturel de fond pour les publics. Ainsi, il m’a été proposé d’animer en juillet 2018 une semaine d’atelier de réalisation de films en Réalité Virtuelle pour des adolescents. Afin aussi d’inventer et d’installer méthodes et compétences pour que d’autres ateliers VR puissent être mis en place par la suite.

Comment s’est déroulé cet atelier de création audiovisuelle en 360° ? Quelle fut la logique pédagogique et d’animation mise en œuvre ? Quels en sont les résultats ? Comment s’en inspirer ?

Un principe d’expérimentation

Quelle meilleure manière d’éclairer les enjeux d’une nouvelle technologie que de l’expérimenter ? C’est à dire ne pas partir avec des « bons principes » que l’on aurait préalablement établis pour se rassurer, mais choisir de partir à l’aventure avec les participants. Mais dans ce cas comment tenir un cadre constructif ?

Dès le premier matin, après les présentations et après avoir posé les enjeux, j’ai proposé aux participants de tourner chacun, dans la médiathèque, un plan avec la caméra, d’expérimenter ce qu’il imagine. Regarder ces images collectivement ensuite, l’après-midi, fut en soi un moment d’apprentissage important, à partir duquel des idées de films sont nées.

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Le travail du regard

Les idées qui viennent du regard sur ces images très étranges, binoculaires ou planisphères, on suscité nombre d’idées créatives qui sortent du cadre académique du simple film tourné à 360°. L’esprit critique naît par un regard distancé, empreint d’humour, de détournement, de réflexion, de partage des idées à propos des images que les uns et les autres ont faites. Ce qui est riche, important et ludique à mon sens, c’est de questionner la représentation elle-même : qu’est-ce que regarder un film dans un casque ? Et comment ces images nous inspirent bien d’autres choses aussi. Je n’imposais rien, mais après visionnage bien des désirs d’images, multiples, sont nés, sur lesquels je me suis appuyé pour la suite de l’atelier.

Laisser la place et le temps aux désirs des participants de se construire, c’est ainsi qu’on construit le cadre, c’est à dire l’appui solide du travail collectif. Cela demande, soi-même, de lâcher prise, de s’ouvrir à des propositions qui peuvent être loin de celles qu’on avait imaginées.

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Un atelier de production-formation

Les participants à cet atelier étaient des adolescents, mais il y avait aussi trois intervenantes cinéma ainsi que Nathalie Bargetzi, qui étaient à la fois participantes et en formation. Il s’agissait plus d’une élaboration collective, créative et technique, dans le cadre que j’avais posé. Ainsi personne n’est en surplomb sur les autres, c’est une invention commune, qui enrichit chacun à un endroit différent. Pour les adultes, l’enjeu était de pouvoir pérenniser ce type d’atelier, dont c’était une première. Nous avons inventé des principes créatifs ainsi que des procédures techniques.

Mon principe est aussi que chaque journée ait un objectif et un résultat. En début de journée, on fixe l’objectif de chacun, du groupes et des petites équipes, et en fin de journée on a abouti à quelque chose.

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La technique et le partage

La prise en main des machines, les multiples problèmes techniques posés par cette technologie (la caméra qui se déclenche mal, qui chauffe et s’arrête, le téléphone pour la télécommander qui se déconnecte, la compréhension d’où est l’avant et l’arrière, les deux modèles de caméras avec leurs avantages et inconvénients, les logiciels ad’hoc qui ne fonctionnent pas, les bugs, etc.) sont autant d’occasions d’échanges, d’élaborations communes, de prise de conscience des contraintes, qui invitent à concevoir des projets de films concrets et inventifs.

<span class="caps">JPEG</span> - 1 Mo

Chaque soir je mettais en ligne les films réalisés pendant la journée (sur un principe de plan-séquence pour la plupart, ce qui a le double intérêt de permettre la projection juste après, donc la construction du regard, ainsi que de permettre un travail commun très investi, car tout doit être réussi en même temps). Ainsi les participants et leurs familles et amis pouvaient visionner les productions hors du temps de l’atelier. Cela nourrissait la réflexion, le partage et la légitimation sociale du travail en train de se faire.

Une sélection des films réalisés dans le cadre de cet atelier sont visibles sur cette page privée dédiée. Vous pourrez en voir la diversité et la qualité. Certains sont les films finalisés, certains sont des expérimentations :

Lien direct vers la page privée dédiée : http://www.benoitlabourdette.com/_docs/projets/2018/2018_mediatheque_biarritz_stage_vr/

Il me semble très important que le travail réalisé soit pleinement approprié par les participants : ce sont leurs films, ainsi ils doivent leur être accessibles, de façon à la fois immédiate et pérenne. C’est la raison pour laquelle j’utilise un serveur privé pour diffuser le travail réalisé.

Ce que l’animateur apporte dans ce type d’atelier, c’est entre autres choses ce cadre de valorisation des productions. Car l’enjeu d’un atelier est le cheminement de chaque participant, ce qu’il y construit pour lui. Et l’inscription (l’écrit publié, l’image conservé et accessible) et l’un des outils forts avec lesquels nous nous construisons.

Les ambitions

Au fur et à mesure de la semaine et des expérimentations créatives, des ambitions sont nées. Celle de faire un film de fiction ambitieux à scénario, qui avait la possibilité d’évoluer en fonction du tournage, ainsi que celle de faire un film de science-fiction tourné à l’intérieur d’une navette spatiale. Les deux films étant pensés pour pouvoir fonctionner à la fois dans le casque à 360° et en projection « plate » sur grand écran. Ces ambitions sont nées d’elles-mêmes, via les expériences vécues et le groupe qui était de plus en plus soudé.

La dynamique du groupe, la communication entre ses participants est l’une des clés d’un projet de médiation réussi : pour que cela puisse se faire, il faut là aussi laisser l’espace mental à chacun de construire sa place.

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La restitution

L’enjeu du moment de restitution publique en fin de semaine est posé dès le début de l’atelier. Tous les films sont faits dans le but d’être présentés. Le dernier film (celui tourné dans la navette spatiale, avec beaucoup d’effets spéciaux réalisés en direct) n’était pas encore terminé. Ainsi la restitution a eu lieu en trois phases :

  1. Projection des films sur grand écran.
  2. Tournage de la dernière version du film « navette spatiale » en public.
  3. Diffusion du film « navette spatiale » sur grand écran + visionnage des films dans les casques 360°.

Ainsi, sans que nous l’ayons initialement prévu, cette restitution, qui a intégré un moment de tournage public, fut très riche pour les spectateurs, un vrai moment de découverte et de vécu créatif partagé.

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Sélection de trois films

Un film « test » fait le premier jour, un film collectif qui présente la médiathèque et le film de fiction « ambitieux ».


La marche d’Isaure


La marche d’Isaure Stage de réalisation de films en Réalité Virtuelle pour adolescents à la médiathèque de Biarritz. Coproduit par Passeurs d’images - ALCA La médiathèque de Biarritz, ouverte aux nouvelles technologies sous l’impulsion de Nathalie Bargetzi (responsable du département image), s’est dotée d’un espace de diffusion pour des films en Réalité Virtuelle (tournés en 360° et visionnés dans un casque). Mais la simple diffusion d’œuvres ne suffit à un travail culturel de fond pour les publics. Ainsi, il m’a été proposé d’animer en juillet 2018 une semaine d’atelier de réalisation de films en Réalité Virtuelle pour des adolescents. Afin aussi d’inventer et d’installer méthodes et compétences pour que d’autres ateliers VR puissent être mis en place par la suite. Comment s’est déroulé cet atelier de création audiovisuelle en 360° ? Quelle fut la logique pédagogique et d’animation mise en œuvre ? Quels en sont les résultats ? Comment s’en inspirer ?

Un principe d’expérimentation

Quelle meilleure manière d’éclairer les enjeux d’une nouvelle technologie que de l’expérimenter ? C’est à dire ne pas partir avec des « bons principes » que l’on aurait préalablement établis pour se rassurer, mais choisir de partir à l’aventure avec les participants. Mais dans ce cas comment tenir un cadre constructif ? Dès le premier matin, après les présentations et après avoir posé les enjeux, j’ai proposé aux participants de tourner chacun, dans la médiathèque, un plan avec la caméra, d’expérimenter ce qu’il imagine. Regarder ces images collectivement ensuite, l’après-midi, fut en soi un moment d’apprentissage important, à partir duquel des idées de films sont nées. <span class="caps">JPEG</span> - 762 ko

Le travail du regard

Les idées qui viennent du regard sur ces images très étranges, binoculaires ou planisphères, on suscité nombre d’idées créatives qui sortent du cadre académique du simple film tourné à 360°. L’esprit critique naît par un regard distancé, empreint d’humour, de détournement, de réflexion, de partage des idées à propos des images que les uns et les autres ont faites. Ce qui est riche, important et ludique à mon sens, c’est de questionner la représentation elle-même : qu’est-ce que regarder un film dans un casque ? Et comment ces images nous inspirent bien d’autres choses aussi. Je n’imposais rien, mais après visionnage bien des désirs d’images, multiples, sont nés, sur lesquels je me suis appuyé pour la suite de l’atelier. Laisser la place et le temps aux désirs des participants de se construire, c’est ainsi qu’on construit le cadre, c’est à dire l’appui solide du travail collectif. Cela demande, soi-même, de lâcher prise, de s’ouvrir à des propositions qui peuvent être loin de celles qu’on avait imaginées. <span class="caps">JPEG</span> - 643.6 ko

Un atelier de production-formation

Les participants à cet atelier étaient des adolescents, mais il y avait aussi trois intervenantes cinéma ainsi que Nathalie Bargetzi, qui étaient à la fois participantes et en formation. Il s’agissait plus d’une élaboration collective, créative et technique, dans le cadre que j’avais posé. Ainsi personne n’est en surplomb sur les autres, c’est une invention commune, qui enrichit chacun à un endroit différent. Pour les adultes, l’enjeu était de pouvoir pérenniser ce type d’atelier, dont c’était une première. Nous avons inventé des principes créatifs ainsi que des procédures techniques. Mon principe est aussi que chaque journée ait un objectif et un résultat. En début de journée, on fixe l’objectif de chacun, du groupes et des petites équipes, et en fin de journée on a abouti à quelque chose. <span class="caps">JPEG</span> - 1.4 Mo

La technique et le partage

La prise en main des machines, les multiples problèmes techniques posés par cette technologie (la caméra qui se déclenche mal, qui chauffe et s’arrête, le téléphone pour la télécommander qui se déconnecte, la compréhension d’où est l’avant et l’arrière, les deux modèles de caméras avec leurs avantages et inconvénients, les logiciels ad’hoc qui ne fonctionnent pas, les bugs, etc.) sont autant d’occasions d’échanges, d’élaborations communes, de prise de conscience des contraintes, qui invitent à concevoir des projets de films concrets et inventifs. <span class="caps">JPEG</span> - 1 Mo Chaque soir je mettais en ligne les films réalisés pendant la journée (sur un principe de plan-séquence pour la plupart, ce qui a le double intérêt de permettre la projection juste après, donc la construction du regard, ainsi que de permettre un travail commun très investi, car tout doit être réussi en même temps). Ainsi les participants et leurs familles et amis pouvaient visionner les productions hors du temps de l’atelier. Cela nourrissait la réflexion, le partage et la légitimation sociale du travail en train de se faire. Une sélection des films réalisés dans le cadre de cet atelier sont visibles sur cette page privée dédiée. Vous pourrez en voir la diversité et la qualité. Certains sont les films finalisés, certains sont des expérimentations : Lien direct vers la page privée dédiée : http://www.benoitlabourdette.com/_docs/projets/2018/2018_mediatheque_biarritz_stage_vr/ Il me semble très important que le travail réalisé soit pleinement approprié par les participants : ce sont leurs films, ainsi ils doivent leur être accessibles, de façon à la fois immédiate et pérenne. C’est la raison pour laquelle j’utilise un serveur privé pour diffuser le travail réalisé. Ce que l’animateur apporte dans ce type d’atelier, c’est entre autres choses ce cadre de valorisation des productions. Car l’enjeu d’un atelier est le cheminement de chaque participant, ce qu’il y construit pour lui. Et l’inscription (l’écrit publié, l’image conservé et accessible) et l’un des outils forts avec lesquels nous nous construisons.

Les ambitions

Au fur et à mesure de la semaine et des expérimentations créatives, des ambitions sont nées. Celle de faire un film de fiction ambitieux à scénario, qui avait la possibilité d’évoluer en fonction du tournage, ainsi que celle de faire un film de science-fiction tourné à l’intérieur d’une navette spatiale. Les deux films étant pensés pour pouvoir fonctionner à la fois dans le casque à 360° et en projection « plate » sur grand écran. Ces ambitions sont nées d’elles-mêmes, via les expériences vécues et le groupe qui était de plus en plus soudé. La dynamique du groupe, la communication entre ses participants est l’une des clés d’un projet de médiation réussi : pour que cela puisse se faire, il faut là aussi laisser l’espace mental à chacun de construire sa place. <span class="caps">JPEG</span> - 606.6 ko

La restitution

L’enjeu du moment de restitution publique en fin de semaine est posé dès le début de l’atelier. Tous les films sont faits dans le but d’être présentés. Le dernier film (celui tourné dans la navette spatiale, avec beaucoup d’effets spéciaux réalisés en direct) n’était pas encore terminé. Ainsi la restitution a eu lieu en trois phases :
  1. Projection des films sur grand écran.
  2. Tournage de la dernière version du film « navette spatiale » en public.
  3. Diffusion du film « navette spatiale » sur grand écran + visionnage des films dans les casques 360°.
Ainsi, sans que nous l’ayons initialement prévu, cette restitution, qui a intégré un moment de tournage public, fut très riche pour les spectateurs, un vrai moment de découverte et de vécu créatif partagé. <span class="caps">JPEG</span> - 1 Mo <span class="caps">JPEG</span> - 742.6 ko

Sélection de trois films

Un film « test » fait le premier jour, un film collectif qui présente la médiathèque et le film de fiction « ambitieux ».
thumbnail Benoît Labourdette

La médiathèque d’un autre angle


La médiathèque d’un autre angle Stage de réalisation de films en Réalité Virtuelle pour adolescents à la médiathèque de Biarritz. Coproduit par Passeurs d’images - ALCA La médiathèque de Biarritz, ouverte aux nouvelles technologies sous l’impulsion de Nathalie Bargetzi (responsable du département image), s’est dotée d’un espace de diffusion pour des films en Réalité Virtuelle (tournés en 360° et visionnés dans un casque). Mais la simple diffusion d’œuvres ne suffit à un travail culturel de fond pour les publics. Ainsi, il m’a été proposé d’animer en juillet 2018 une semaine d’atelier de réalisation de films en Réalité Virtuelle pour des adolescents. Afin aussi d’inventer et d’installer méthodes et compétences pour que d’autres ateliers VR puissent être mis en place par la suite. Comment s’est déroulé cet atelier de création audiovisuelle en 360° ? Quelle fut la logique pédagogique et d’animation mise en œuvre ? Quels en sont les résultats ? Comment s’en inspirer ?

Un principe d’expérimentation

Quelle meilleure manière d’éclairer les enjeux d’une nouvelle technologie que de l’expérimenter ? C’est à dire ne pas partir avec des « bons principes » que l’on aurait préalablement établis pour se rassurer, mais choisir de partir à l’aventure avec les participants. Mais dans ce cas comment tenir un cadre constructif ? Dès le premier matin, après les présentations et après avoir posé les enjeux, j’ai proposé aux participants de tourner chacun, dans la médiathèque, un plan avec la caméra, d’expérimenter ce qu’il imagine. Regarder ces images collectivement ensuite, l’après-midi, fut en soi un moment d’apprentissage important, à partir duquel des idées de films sont nées. <span class="caps">JPEG</span> - 762 ko

Le travail du regard

Les idées qui viennent du regard sur ces images très étranges, binoculaires ou planisphères, on suscité nombre d’idées créatives qui sortent du cadre académique du simple film tourné à 360°. L’esprit critique naît par un regard distancé, empreint d’humour, de détournement, de réflexion, de partage des idées à propos des images que les uns et les autres ont faites. Ce qui est riche, important et ludique à mon sens, c’est de questionner la représentation elle-même : qu’est-ce que regarder un film dans un casque ? Et comment ces images nous inspirent bien d’autres choses aussi. Je n’imposais rien, mais après visionnage bien des désirs d’images, multiples, sont nés, sur lesquels je me suis appuyé pour la suite de l’atelier. Laisser la place et le temps aux désirs des participants de se construire, c’est ainsi qu’on construit le cadre, c’est à dire l’appui solide du travail collectif. Cela demande, soi-même, de lâcher prise, de s’ouvrir à des propositions qui peuvent être loin de celles qu’on avait imaginées. <span class="caps">JPEG</span> - 643.6 ko

Un atelier de production-formation

Les participants à cet atelier étaient des adolescents, mais il y avait aussi trois intervenantes cinéma ainsi que Nathalie Bargetzi, qui étaient à la fois participantes et en formation. Il s’agissait plus d’une élaboration collective, créative et technique, dans le cadre que j’avais posé. Ainsi personne n’est en surplomb sur les autres, c’est une invention commune, qui enrichit chacun à un endroit différent. Pour les adultes, l’enjeu était de pouvoir pérenniser ce type d’atelier, dont c’était une première. Nous avons inventé des principes créatifs ainsi que des procédures techniques. Mon principe est aussi que chaque journée ait un objectif et un résultat. En début de journée, on fixe l’objectif de chacun, du groupes et des petites équipes, et en fin de journée on a abouti à quelque chose. <span class="caps">JPEG</span> - 1.4 Mo

La technique et le partage

La prise en main des machines, les multiples problèmes techniques posés par cette technologie (la caméra qui se déclenche mal, qui chauffe et s’arrête, le téléphone pour la télécommander qui se déconnecte, la compréhension d’où est l’avant et l’arrière, les deux modèles de caméras avec leurs avantages et inconvénients, les logiciels ad’hoc qui ne fonctionnent pas, les bugs, etc.) sont autant d’occasions d’échanges, d’élaborations communes, de prise de conscience des contraintes, qui invitent à concevoir des projets de films concrets et inventifs. <span class="caps">JPEG</span> - 1 Mo Chaque soir je mettais en ligne les films réalisés pendant la journée (sur un principe de plan-séquence pour la plupart, ce qui a le double intérêt de permettre la projection juste après, donc la construction du regard, ainsi que de permettre un travail commun très investi, car tout doit être réussi en même temps). Ainsi les participants et leurs familles et amis pouvaient visionner les productions hors du temps de l’atelier. Cela nourrissait la réflexion, le partage et la légitimation sociale du travail en train de se faire. Une sélection des films réalisés dans le cadre de cet atelier sont visibles sur cette page privée dédiée. Vous pourrez en voir la diversité et la qualité. Certains sont les films finalisés, certains sont des expérimentations : Lien direct vers la page privée dédiée : http://www.benoitlabourdette.com/_docs/projets/2018/2018_mediatheque_biarritz_stage_vr/ Il me semble très important que le travail réalisé soit pleinement approprié par les participants : ce sont leurs films, ainsi ils doivent leur être accessibles, de façon à la fois immédiate et pérenne. C’est la raison pour laquelle j’utilise un serveur privé pour diffuser le travail réalisé. Ce que l’animateur apporte dans ce type d’atelier, c’est entre autres choses ce cadre de valorisation des productions. Car l’enjeu d’un atelier est le cheminement de chaque participant, ce qu’il y construit pour lui. Et l’inscription (l’écrit publié, l’image conservé et accessible) et l’un des outils forts avec lesquels nous nous construisons.

Les ambitions

Au fur et à mesure de la semaine et des expérimentations créatives, des ambitions sont nées. Celle de faire un film de fiction ambitieux à scénario, qui avait la possibilité d’évoluer en fonction du tournage, ainsi que celle de faire un film de science-fiction tourné à l’intérieur d’une navette spatiale. Les deux films étant pensés pour pouvoir fonctionner à la fois dans le casque à 360° et en projection « plate » sur grand écran. Ces ambitions sont nées d’elles-mêmes, via les expériences vécues et le groupe qui était de plus en plus soudé. La dynamique du groupe, la communication entre ses participants est l’une des clés d’un projet de médiation réussi : pour que cela puisse se faire, il faut là aussi laisser l’espace mental à chacun de construire sa place. <span class="caps">JPEG</span> - 606.6 ko

La restitution

L’enjeu du moment de restitution publique en fin de semaine est posé dès le début de l’atelier. Tous les films sont faits dans le but d’être présentés. Le dernier film (celui tourné dans la navette spatiale, avec beaucoup d’effets spéciaux réalisés en direct) n’était pas encore terminé. Ainsi la restitution a eu lieu en trois phases :
  1. Projection des films sur grand écran.
  2. Tournage de la dernière version du film « navette spatiale » en public.
  3. Diffusion du film « navette spatiale » sur grand écran + visionnage des films dans les casques 360°.
Ainsi, sans que nous l’ayons initialement prévu, cette restitution, qui a intégré un moment de tournage public, fut très riche pour les spectateurs, un vrai moment de découverte et de vécu créatif partagé. <span class="caps">JPEG</span> - 1 Mo <span class="caps">JPEG</span> - 742.6 ko

Sélection de trois films

Un film « test » fait le premier jour, un film collectif qui présente la médiathèque et le film de fiction « ambitieux ».
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Où aller ?


Où aller ? Stage de réalisation de films en Réalité Virtuelle pour adolescents à la médiathèque de Biarritz. Coproduit par Passeurs d’images - ALCA La médiathèque de Biarritz, ouverte aux nouvelles technologies sous l’impulsion de Nathalie Bargetzi (responsable du département image), s’est dotée d’un espace de diffusion pour des films en Réalité Virtuelle (tournés en 360° et visionnés dans un casque). Mais la simple diffusion d’œuvres ne suffit à un travail culturel de fond pour les publics. Ainsi, il m’a été proposé d’animer en juillet 2018 une semaine d’atelier de réalisation de films en Réalité Virtuelle pour des adolescents. Afin aussi d’inventer et d’installer méthodes et compétences pour que d’autres ateliers VR puissent être mis en place par la suite. Comment s’est déroulé cet atelier de création audiovisuelle en 360° ? Quelle fut la logique pédagogique et d’animation mise en œuvre ? Quels en sont les résultats ? Comment s’en inspirer ?

Un principe d’expérimentation

Quelle meilleure manière d’éclairer les enjeux d’une nouvelle technologie que de l’expérimenter ? C’est à dire ne pas partir avec des « bons principes » que l’on aurait préalablement établis pour se rassurer, mais choisir de partir à l’aventure avec les participants. Mais dans ce cas comment tenir un cadre constructif ? Dès le premier matin, après les présentations et après avoir posé les enjeux, j’ai proposé aux participants de tourner chacun, dans la médiathèque, un plan avec la caméra, d’expérimenter ce qu’il imagine. Regarder ces images collectivement ensuite, l’après-midi, fut en soi un moment d’apprentissage important, à partir duquel des idées de films sont nées. <span class="caps">JPEG</span> - 762 ko

Le travail du regard

Les idées qui viennent du regard sur ces images très étranges, binoculaires ou planisphères, on suscité nombre d’idées créatives qui sortent du cadre académique du simple film tourné à 360°. L’esprit critique naît par un regard distancé, empreint d’humour, de détournement, de réflexion, de partage des idées à propos des images que les uns et les autres ont faites. Ce qui est riche, important et ludique à mon sens, c’est de questionner la représentation elle-même : qu’est-ce que regarder un film dans un casque ? Et comment ces images nous inspirent bien d’autres choses aussi. Je n’imposais rien, mais après visionnage bien des désirs d’images, multiples, sont nés, sur lesquels je me suis appuyé pour la suite de l’atelier. Laisser la place et le temps aux désirs des participants de se construire, c’est ainsi qu’on construit le cadre, c’est à dire l’appui solide du travail collectif. Cela demande, soi-même, de lâcher prise, de s’ouvrir à des propositions qui peuvent être loin de celles qu’on avait imaginées. <span class="caps">JPEG</span> - 643.6 ko

Un atelier de production-formation

Les participants à cet atelier étaient des adolescents, mais il y avait aussi trois intervenantes cinéma ainsi que Nathalie Bargetzi, qui étaient à la fois participantes et en formation. Il s’agissait plus d’une élaboration collective, créative et technique, dans le cadre que j’avais posé. Ainsi personne n’est en surplomb sur les autres, c’est une invention commune, qui enrichit chacun à un endroit différent. Pour les adultes, l’enjeu était de pouvoir pérenniser ce type d’atelier, dont c’était une première. Nous avons inventé des principes créatifs ainsi que des procédures techniques. Mon principe est aussi que chaque journée ait un objectif et un résultat. En début de journée, on fixe l’objectif de chacun, du groupes et des petites équipes, et en fin de journée on a abouti à quelque chose. <span class="caps">JPEG</span> - 1.4 Mo

La technique et le partage

La prise en main des machines, les multiples problèmes techniques posés par cette technologie (la caméra qui se déclenche mal, qui chauffe et s’arrête, le téléphone pour la télécommander qui se déconnecte, la compréhension d’où est l’avant et l’arrière, les deux modèles de caméras avec leurs avantages et inconvénients, les logiciels ad’hoc qui ne fonctionnent pas, les bugs, etc.) sont autant d’occasions d’échanges, d’élaborations communes, de prise de conscience des contraintes, qui invitent à concevoir des projets de films concrets et inventifs. <span class="caps">JPEG</span> - 1 Mo Chaque soir je mettais en ligne les films réalisés pendant la journée (sur un principe de plan-séquence pour la plupart, ce qui a le double intérêt de permettre la projection juste après, donc la construction du regard, ainsi que de permettre un travail commun très investi, car tout doit être réussi en même temps). Ainsi les participants et leurs familles et amis pouvaient visionner les productions hors du temps de l’atelier. Cela nourrissait la réflexion, le partage et la légitimation sociale du travail en train de se faire. Une sélection des films réalisés dans le cadre de cet atelier sont visibles sur cette page privée dédiée. Vous pourrez en voir la diversité et la qualité. Certains sont les films finalisés, certains sont des expérimentations : Lien direct vers la page privée dédiée : http://www.benoitlabourdette.com/_docs/projets/2018/2018_mediatheque_biarritz_stage_vr/ Il me semble très important que le travail réalisé soit pleinement approprié par les participants : ce sont leurs films, ainsi ils doivent leur être accessibles, de façon à la fois immédiate et pérenne. C’est la raison pour laquelle j’utilise un serveur privé pour diffuser le travail réalisé. Ce que l’animateur apporte dans ce type d’atelier, c’est entre autres choses ce cadre de valorisation des productions. Car l’enjeu d’un atelier est le cheminement de chaque participant, ce qu’il y construit pour lui. Et l’inscription (l’écrit publié, l’image conservé et accessible) et l’un des outils forts avec lesquels nous nous construisons.

Les ambitions

Au fur et à mesure de la semaine et des expérimentations créatives, des ambitions sont nées. Celle de faire un film de fiction ambitieux à scénario, qui avait la possibilité d’évoluer en fonction du tournage, ainsi que celle de faire un film de science-fiction tourné à l’intérieur d’une navette spatiale. Les deux films étant pensés pour pouvoir fonctionner à la fois dans le casque à 360° et en projection « plate » sur grand écran. Ces ambitions sont nées d’elles-mêmes, via les expériences vécues et le groupe qui était de plus en plus soudé. La dynamique du groupe, la communication entre ses participants est l’une des clés d’un projet de médiation réussi : pour que cela puisse se faire, il faut là aussi laisser l’espace mental à chacun de construire sa place. <span class="caps">JPEG</span> - 606.6 ko

La restitution

L’enjeu du moment de restitution publique en fin de semaine est posé dès le début de l’atelier. Tous les films sont faits dans le but d’être présentés. Le dernier film (celui tourné dans la navette spatiale, avec beaucoup d’effets spéciaux réalisés en direct) n’était pas encore terminé. Ainsi la restitution a eu lieu en trois phases :
  1. Projection des films sur grand écran.
  2. Tournage de la dernière version du film « navette spatiale » en public.
  3. Diffusion du film « navette spatiale » sur grand écran + visionnage des films dans les casques 360°.
Ainsi, sans que nous l’ayons initialement prévu, cette restitution, qui a intégré un moment de tournage public, fut très riche pour les spectateurs, un vrai moment de découverte et de vécu créatif partagé. <span class="caps">JPEG</span> - 1 Mo <span class="caps">JPEG</span> - 742.6 ko

Sélection de trois films

Un film « test » fait le premier jour, un film collectif qui présente la médiathèque et le film de fiction « ambitieux ».
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