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Formations Éducation aux images

Conception et animation de stages de formation professionnelle, dans le domaine de l’éducation aux images, à destination des enseignants, animateurs, responsables de structures éducatives, culturelles et sociales, notamment exploitants de salles de cinéma.

Avec les outils des nouvelles technologies, afin de se « connecter » aux pratiques des jeunes et de les éclairer.

Vatos Locos Vidéo : « Concevoir et mettre en oeuvre des projets de pratique artistique pour lutter contre le racisme et les discriminations »

23 juin 2017

Formation professionnelle destinée à des animateurs, enseignants et responsables de structures sociales et culturelles. La vidéo comme outil de citoyenneté.

L’association Vatos Locos Video, dirigée par Ludovic Piette, fait des actions culturelles autour du cinéma sur le territoire de Vitrolles depuis 15 ans. Nous collaborons depuis 2012 pour mettre en œuvre des projets citoyens, en partenariat avec l’agence d’ingénierie culturelle l’Office (Emmanuel Vergès). Cette formation d’une journée que j’ai animée est la première action de formation professionnelle de Vatos Locos Video. Elle a eu lieu dans la nouvelle médiathèque La Passerelle à Vitrolles.

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Programme de la formation

Les projets de création audiovisuelle peuvent être de puissants outils pour la co-construction citoyenne.
Cette formation sera animée par Benoît Labourdette en deux temps :

Concevoir 9h30 - 12h30

  • Présentation d’expériences et d’exemples d’actions.
  • Co-construction d’une pensée citoyenne et d’une méthodologie pour aborder le sujet du racisme et des discriminations.
  • Appréhender la construction du projet, entre enjeux des publics et commande institutionnelle.

Mettre en œuvre 14h30 - 17h30

  • Méthodologie d’animation d’ateliers de pratique audiovisuelle efficaces dans le cadre de la lutte contre le racisme et les discriminations.
  • Expérience de mise en pratique.
  • Élaboration collective de pistes d’actions.

Conception de la formation

Le programme exact de la formation avait été conçu collectivement, dans le but d’apporter des outils concrets, adaptés à la réalité du terrain, innovants et opératoires, pour répondre à une problématique précise et particulièrement compliquée à aborder sans être normatif, la lutte contre le racisme et les discriminations.

Exemple de l’action au Musée de l’Homme

Après une introduction sur la philosophie des actions citoyennes utilisant la créativité audiovisuelle, j’ai présenté l’exemple des actions sur cette thématique que j’ai conçues et menées avec Arcadi Passeurs d’images Île-de-France et le Musée de l’Homme à Paris.

C’est un exemple particulier, mais les participants à la formation en furent très convaincus. Donc nous avons décidé de creuser ce type d’ateliers, qui consiste en la réalisation de films d’animation muets à partir de papiers découpés, dans lesquels les mots écrits sont très importants. Cela invite à construire du sens avec les images et les mots, et c’est une activité très ludique.

Le marché

J’ai vu qu’autour de la médiathèque La Passerelle (qui est un beau bâtiment, architecturalement très ouvert sur l’extérieur), il y avait ce jour là le marché. Lieu de rencontre où les signes de discrimination peuvent être nombreux. Les ateliers que l’on propose doivent être ouverts sur le réel, faire aussi avec le potentiel des imprévus. Ainsi j’ai demandé à chacun d’aller au marché et d’y acheter un objet, qui deviendrait « acteur » dans un film collectif que nous allions réaliser. Avec la pensée de la thématique : lutte contre les discriminations.

C’est une proposition ludique, qui questionne déjà son rapport au monde. La créativité est d’emblée mobilisée dans son rapport au réel. Les objets étaient là, posés au sol. L’esprit commence à travailler tout seul.

Partir à l’aventure

Concrètement, à mon niveau, je savais que je me devais de tirer parti de cette opportunité, le marché, mais je ne savais pas quel film collectif j’allais leur proposer de faire. Il est important de se risquer, d’aller soi-même à « l’aventure », d’inventer collectivement avec les personnes à qui on propose de travailler. Il n’y a pas de « recettes » pour une action réussie. Être soi-même dans une posture de travail et de remise en question, c’est la meilleure façon, à mon sens, d’impulser une dynamique créative profonde.

Les mots

Je leur ai fait faire un brainstorming de mots autour de la thématique, que voici :
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Je note les mots sur l’écran au fur et à mesure qu’ils viennent. Cela fait une grande émulation.

Le midi, j’ai mis en page tous ces mots, pour les imprimer sur du papier, en plusieurs tailles. Cela paraît simple à dire, mais trouver une imprimante qui fonctionne dans la médiathèque ne fut pas si facile ! J’ai aussi cherché le plus possible de paires de ciseaux, empruntées à tout le personnel de la médiathèque !

Au retour du repas il y avait donc sur le sol toutes ces feuilles de papier, avec tous les mots que nous avions formulés le matin même. Chacun devait découper les mots qu’il souhaitait, qui allaient être mis en relation avec leur objet, pour un grand film collectif muet, qui allait être tourné en plan-séquence.
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Tournage du film collectif

Le fait qu’il n’y ait pas de montage, que le film soit tourné en plan séquence oblige à la collaboration, à l’écoute de l’autre, car à la moindre erreur, il faut refaire tout le film.
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Je n’avais jamais fait faire de film collectif muet, dans lequel les mots étaient à l’écran et non pas au son. J’ai été surpris de la poésie que chacun a pu développer, avec un travail visuel entre image, objets et textes dont je n’aurais pas soupçonné la richesse.

Voici le film, dont le titre est « Choix des mots » (7’22s) :


Choix des mots


Choix des mots Formation professionnelle destinée à des animateurs, enseignants et responsables de structures sociales et culturelles. La vidéo comme outil de citoyenneté. L’association Vatos Locos Video, dirigée par Ludovic Piette, fait des actions culturelles autour du cinéma sur le territoire de Vitrolles depuis 15 ans. Nous collaborons depuis 2012 pour mettre en œuvre des projets citoyens, en partenariat avec l’agence d’ingénierie culturelle l’Office (Emmanuel Vergès). Cette formation d’une journée que j’ai animée est la première action de formation professionnelle de Vatos Locos Video. Elle a eu lieu dans la nouvelle médiathèque La Passerelle à Vitrolles. <span class="caps">JPEG</span> - 651.2 ko

Programme de la formation

Les projets de création audiovisuelle peuvent être de puissants outils pour la co-construction citoyenne.
Cette formation sera animée par Benoît Labourdette en deux temps : Concevoir 9h30 - 12h30
  • Présentation d’expériences et d’exemples d’actions.
  • Co-construction d’une pensée citoyenne et d’une méthodologie pour aborder le sujet du racisme et des discriminations.
  • Appréhender la construction du projet, entre enjeux des publics et commande institutionnelle.
Mettre en œuvre 14h30 - 17h30
  • Méthodologie d’animation d’ateliers de pratique audiovisuelle efficaces dans le cadre de la lutte contre le racisme et les discriminations.
  • Expérience de mise en pratique.
  • Élaboration collective de pistes d’actions.

Conception de la formation

Le programme exact de la formation avait été conçu collectivement, dans le but d’apporter des outils concrets, adaptés à la réalité du terrain, innovants et opératoires, pour répondre à une problématique précise et particulièrement compliquée à aborder sans être normatif, la lutte contre le racisme et les discriminations.

Exemple de l’action au Musée de l’Homme

Après une introduction sur la philosophie des actions citoyennes utilisant la créativité audiovisuelle, j’ai présenté l’exemple des actions sur cette thématique que j’ai conçues et menées avec Arcadi Passeurs d’images Île-de-France et le Musée de l’Homme à Paris. C’est un exemple particulier, mais les participants à la formation en furent très convaincus. Donc nous avons décidé de creuser ce type d’ateliers, qui consiste en la réalisation de films d’animation muets à partir de papiers découpés, dans lesquels les mots écrits sont très importants. Cela invite à construire du sens avec les images et les mots, et c’est une activité très ludique.

Le marché

J’ai vu qu’autour de la médiathèque La Passerelle (qui est un beau bâtiment, architecturalement très ouvert sur l’extérieur), il y avait ce jour là le marché. Lieu de rencontre où les signes de discrimination peuvent être nombreux. Les ateliers que l’on propose doivent être ouverts sur le réel, faire aussi avec le potentiel des imprévus. Ainsi j’ai demandé à chacun d’aller au marché et d’y acheter un objet, qui deviendrait « acteur » dans un film collectif que nous allions réaliser. Avec la pensée de la thématique : lutte contre les discriminations. C’est une proposition ludique, qui questionne déjà son rapport au monde. La créativité est d’emblée mobilisée dans son rapport au réel. Les objets étaient là, posés au sol. L’esprit commence à travailler tout seul.

Partir à l’aventure

Concrètement, à mon niveau, je savais que je me devais de tirer parti de cette opportunité, le marché, mais je ne savais pas quel film collectif j’allais leur proposer de faire. Il est important de se risquer, d’aller soi-même à « l’aventure », d’inventer collectivement avec les personnes à qui on propose de travailler. Il n’y a pas de « recettes » pour une action réussie. Être soi-même dans une posture de travail et de remise en question, c’est la meilleure façon, à mon sens, d’impulser une dynamique créative profonde.

Les mots

Je leur ai fait faire un brainstorming de mots autour de la thématique, que voici :
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Je note les mots sur l’écran au fur et à mesure qu’ils viennent. Cela fait une grande émulation. Le midi, j’ai mis en page tous ces mots, pour les imprimer sur du papier, en plusieurs tailles. Cela paraît simple à dire, mais trouver une imprimante qui fonctionne dans la médiathèque ne fut pas si facile ! J’ai aussi cherché le plus possible de paires de ciseaux, empruntées à tout le personnel de la médiathèque ! Au retour du repas il y avait donc sur le sol toutes ces feuilles de papier, avec tous les mots que nous avions formulés le matin même. Chacun devait découper les mots qu’il souhaitait, qui allaient être mis en relation avec leur objet, pour un grand film collectif muet, qui allait être tourné en plan-séquence.
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Tournage du film collectif

Le fait qu’il n’y ait pas de montage, que le film soit tourné en plan séquence oblige à la collaboration, à l’écoute de l’autre, car à la moindre erreur, il faut refaire tout le film.
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Je n’avais jamais fait faire de film collectif muet, dans lequel les mots étaient à l’écran et non pas au son. J’ai été surpris de la poésie que chacun a pu développer, avec un travail visuel entre image, objets et textes dont je n’aurais pas soupçonné la richesse. Voici le film, dont le titre est « Choix des mots » (7’22s) :
thumbnail Benoît Labourdette

Visionnage du film

Ce film est vraiment riche et foisonnant. Le fait de le regarder, collectivement, dans de bonnes conditions, lui a donné toute sa valeur. On se rend compte, pour le vivre soi-même, de la puissance du sentiment de satisfaction, la fierté, de soi et du groupe, d’avoir réussi à faire quelque chose de si bien avec si peu de moyens. Cela est un appui très concret pour redonner sa place, sa légitimité à chacun.

J’ai mis le soir-même le film en ligne, afin que les participants puissent se l’approprier tout de suite, le montrer autour deux. Cette action dialogue avec la réalité de chacun : http://www.benoitlabourdette.com/_docs/?dir=projets/2017/2017_formation_vatos_locos.

Les pistes d’actions élaborées

A partir de l’expérience qu’ils avaient vécu, j’ai proposé aux participants d’élaborer chacun des pistes d’actions singulières et de les partager. En prenant en compte le fait que faire des films et les montrer, c’est en soi un travail sur l’empathie, c’est donc directement un outil contre les discriminations. J’ai pris note en direct dans une mindmap de toutes les idées.

Voici le résultat de ce brainstorming (que j’ai envoyé par email à tous les participants) :
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Bilan

Que ce soit dans le cadre d’une formation ou d’une action culturelle, ce qui me semble important est le fait de « mettre en mouvement » les systèmes de représentations, autour d’actions créatives et ludiques qui nous mettent nous mêmes en question. Donc, la personne qui anime ce type d’actions doit elle-même être dans la remise en question. Ce n’est pas confortable. C’est pourquoi ce qui se passe est alors important et constructif pour chacun. Le travail c’est un mouvement profond.

Voir aussi