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Kaléidoscopes

Le kaléidoscope propose une vision très « organique » des choses. Comme une métaphore visuelle de la division cellulaire, il ouvre à un champ de perceptions et d’émotions assez peu fréquenté, bien au delà du décoratif qu’il pourrait sembler incarner de prime abord. Cette figure m’a toujours questionné, je vous en propose des explorations cinématographiques.

O sole mio

12 juillet 2014

Kaléidoscope, lanterne magique, invention du phonographe, nostalgie d’amour...

Création vidéo de Benoît Labourdette, 3’03s, 2014.


O sole mio


O sole mio Kaléidoscope, lanterne magique, invention du phonographe, nostalgie d’amour... Création vidéo de Benoît Labourdette, 3’03s, 2014. thumbnail Benoît Labourdette

Le cercle et l’écran

Le kaléidoscope d’origine est un écran circulaire, à l’intérieur duquel des petits éléments bougent, au milieu d’un hexagone (ou plus) de miroirs qui se font face. Pour faire bouger les petits éléments qui créent l’image, il faut imprimer un mouvement rotatif au cylindre que l’on tient en main.

Le cercle est l’élément (comme le pourrait être l’air, ou l’eau) dans lequel le kaléidoscope évolue. Ce qui fascine dans cette répétition , c’est sa dimension mathématique : ce que nous voyons n’existe pas, ce n’est qu’une illusion créée via miroirs et mouvements circulaires. Ce que nous voyons est une abstraction mathématique proposée à la vision, en lieu et place de la vision du réel.

Les dispositifs primitifs de projection de projection, du fait de la lentille, circulaire, qui sert à focaliser le rayon lumineux, projettent une surface lumineuse, un « écran », qui est un cercle.

Le phonographe et la nostalgie

L’ancien kaléidoscope, l’ancienne projection, les premières voies ferrées, l’industrialisation... et Enrico Caruso, qui chante ’O sole mio en 1916.

Evocation des débuts de l’enregistrement mécanique, des débuts de la multiplication des fantômes dans un monde technologique : ces morts, qu’on pouvait voir et entendre vivre, après leur disparition, sur des écrans et dans des haut-parleurs. Enrico Caruso enregistra énormément de disques, et son vaste succès contribua au succès du phonographe naissant.

Le disque microsillon est noir, comme les images du film, qui ne tournent pas à l’extérieur, mais tournent à l’intérieur. Le défilement de la voie ferrée peut se comparer au défilement de la piste son optique du cinéma de l’époque. Ancien monde de l’enregistrement analogique.

Le sujet de cette chanson ramène chacun à des moments de son histoire personnelle. Le lien entre cette chanson, un kaléidoscope, et une évocation de lanterne magique... peut raviver des souvenirs.

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