Dream

Dream Un film de Benoît Labourdette (2’14s, 2005). Regards et désirs dans le métro. thumbnail Benoît Labourdette
1er juin 2005. Publié par Leny Müh.

Regards et désirs dans le métro.

Diffusions

Histoire de la réalisation

Assis dans le métro parisien, sur la ligne 4, allumant mon téléphone 3G, apparaît sur l’écran la ligne du seuil de la porte du métro. L’idée vient d’un film en multiples écrans, structuré dans l’espace autour de cette ligne des portes, qui un octogone autour de l’image. 8 tournages, pendant un parcours de la ligne 4. 2 minutes pour chaque angle, afin que le film dure 2 minutes.

On voit donc à l’écran en deux minutes simultanées le temps réel d’à peu près 20 minutes. Si on observe les mouvements des personnages, leurs dynamiques, il y a la coexistence de plusieurs temporalités diachroniques en une synchronie dictée par la construction spatiale. Pendant les tournages, sentiment très fort de cette tension, de ce contrepoint diachronique qui pourrait être à l’œuvre dans ce split-screen.

Descente obligatoire à la station Porte d’Orléans, le terminus. Le tournage a juste eu le temps d’être terminé. Les personnages du film sont partis. Il manque l’image centrale.
Je dois donc passer par les couloirs de cette station afin de rejoindre l’autre quai, duquel le métro repartira dans l’autre sens. En effet, le tournage s’est imposé à mon parcours prévu en montant dans ce métro.

Le tournage étant terminé, à part l’image centrale, je nourris le projet de faire le montage du film en sens inverse, lors de mon retour. Je suis dans le métro, j’ai un ordinateur portable, je suis dans le geste de création, c’est maintenant, tout de suite, que je dois le faire.
Dans le couloir de la station Porte d’Orléans, une affiche, avec ces corps. Elle s’impose comme étant le centre. Elle se situe au centre du temps de la réalisation de ce film, et ces regards, ces gestes arrêtés, ces peaux exposées dans l’affiche sont bien le signe complémentaire des images que je viens de faire.

Tournage, devant l’affiche, des images pour le point central de l’espace du film.
Je remonte donc dans le métro en sens inverse. J’allume l’ordinateur, je sors la carte mémoire du téléphone, je fais passer les images dans l’ordinateur avec un petit lecteur de carte, et puis je commence à construire, avec un logiciel de montage vidéo, la structure spatiale du film, le petit protocole technique qui va me permettre de concrétiser mon idée de tournage. Ca fonctionne. Je « jette » là les choses importantes.

Le geste a été capté. Un film, pas tout à fait fini d’être monté, en est la trace.
Le soir, donc peu après, c’était le chemin du retour, je finalise, c’est en fait un peu compliqué, le placement des éléments, je travaille sur l’illustration sonore, à partir de ma bibliothèque sonore, que j’alimente régulièrement. Et enfin, je publie le film sur la liste de diffusion du Festival Pocket Films, le soir-même.

Téléchargement

Je réalise des courts métrages comme un peintre fait des tableaux, dans une démarche généralement individuelle, loin des pratiques académiques de fabrication du cinéma. Certains films sont réalisés de façon très spontanée, d’autres peuvent prendre des années à mûrir. J’explore la rencontre entre l’image et le monde. Je vous propose des expériences de cinéma, qui bien souvent racontent aussi des histoires...