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Art plastique

La photographie, de par la nature mécanique de son fonctionnement technique, est pour moi une matière de temps plus qu’une matière visuelle : dans ses sels d’argent, ou ses pixels aujourd’hui, c’est du temps qui est capté, conservé, réinventé à chaque regard. Temps de vie, temps de vision, temps de poésie.

La peinture est la matière originelle du travail plastique, qui se relie intimement à la photographie à mon sens, car elle contient aussi le temps de son geste et de son imaginaire.

L’installation, c’est à dire l’existence dans l’espace et le temps des formes artistiques est cruciale, car il s’agit de la façon dont l’œuvre se modifie par sa mise en relation avec le spectateur.

Ces pratiques dialoguent avec mon travail de cinéaste, s’interpénètrent depuis toujours.

Cyan Magenta Jaune Noir

17 août 2018

Revisite des principes de l’imprimerie en quadrichromie, avec des encres et des cendres. Quinze « tableaux numériques ».

La reproduction mécanisée de la couleur n’utilise pas les mêmes couleurs primaires qu’en peinture. Il y en a seulement trois : Rouge, Vert et Bleu. Sur les écrans informatiques, l’addition de proportions de lumières rouge, verte et bleue reproduit n’importe quelle (ou presque) couleur du spectre lumineux. C’est ce qu’on nomme la « synthèse additive ». Mais par contre, si on veut reproduire des couleurs par impression sur du papier blanc, le blanc contenant déjà toutes les couleurs, il faut retrancher au lieu d’ajouter. On utilise donc les couleurs complémentaires des trois couleurs primaires : Cyan, Magenta et Jaune. L’ajout de leurs proportions sur le papier blanc vient reconstituer, par soustraction, les proportions rouge-vert-bleu. C’est ce qu’on nomme la « synthèse soustractive », aussi appelée « impression en quadrichromie » (CMJN - N pour noir, qui est nécessaire en plus).

Pour cette série de quinze « tableaux numériques » j’ai utilisé des encres d’imprimantes jet d’encre Cyan, Magenta et Jaune, associées à des cendres pour faire le noir (CMJN...) sur des feuilles de papier 220g de 65x50cm. Ces « impressions manuelles » étaient destinés à être photographiées en numérique, donc en Rouge, Vert et Bleu !

Je nomme ces objets, devenus immatériels, des « tableaux numériques » car les techniques d’art plastique traditionnelles (papier, encre, cendres) sont mobilisées dans le but d’être photographiées. Ces images ne sont donc pas des reproductions de tableaux existants, la technique de fabrication des tableaux est intrinsèque à sa finalité numérique.

Aussi, le sujet même de cette série est la question de la conversion entre les deux espaces colorimétriques, RVB et CMJN, qui sont de natures essentiellement différentes mais pourtant consubstantiellement liés, avec des difficultés, car des couleurs existant dans l’un n’existent pas dans l’autre et vice-versa. D’où une « impossible communication », passionnante à explorer.


Cyan Magenta Jaune Noir (diaporama muet)


Cyan Magenta Jaune Noir (diaporama muet) Revisite des principes de l’imprimerie en quadrichromie, avec des encres et des cendres. Quinze « tableaux numériques ». La reproduction mécanisée de la couleur n’utilise pas les mêmes couleurs primaires qu’en peinture. Il y en a seulement trois : Rouge, Vert et Bleu. Sur les écrans informatiques, l’addition de proportions de lumières rouge, verte et bleue reproduit n’importe quelle (ou presque) couleur du spectre lumineux. C’est ce qu’on nomme la « synthèse additive ». Mais par contre, si on veut reproduire des couleurs par impression sur du papier blanc, le blanc contenant déjà toutes les couleurs, il faut retrancher au lieu d’ajouter. On utilise donc les couleurs complémentaires des trois couleurs primaires : Cyan, Magenta et Jaune. L’ajout de leurs proportions sur le papier blanc vient reconstituer, par soustraction, les proportions rouge-vert-bleu. C’est ce qu’on nomme la « synthèse soustractive », aussi appelée « impression en quadrichromie » (CMJN - N pour noir, qui est nécessaire en plus). Pour cette série de quinze « tableaux numériques » j’ai utilisé des encres d’imprimantes jet d’encre Cyan, Magenta et Jaune, associées à des cendres pour faire le noir (CMJN...) sur des feuilles de papier 220g de 65x50cm. Ces « impressions manuelles » étaient destinés à être photographiées en numérique, donc en Rouge, Vert et Bleu ! Je nomme ces objets, devenus immatériels, des « tableaux numériques » car les techniques d’art plastique traditionnelles (papier, encre, cendres) sont mobilisées dans le but d’être photographiées. Ces images ne sont donc pas des reproductions de tableaux existants, la technique de fabrication des tableaux est intrinsèque à sa finalité numérique. Aussi, le sujet même de cette série est la question de la conversion entre les deux espaces colorimétriques, RVB et CMJN, qui sont de natures essentiellement différentes mais pourtant consubstantiellement liés, avec des difficultés, car des couleurs existant dans l’un n’existent pas dans l’autre et vice-versa. D’où une « impossible communication », passionnante à explorer. thumbnail Benoît Labourdette